L'union entre science et spiritualité: Le Calendrier des Treize Lunes et le Musée du Demain
- yleniamajo
- 3 dic 2025
- 7 Min. de lectura

Le point de départ pour comprendre l’importance du Calendrier des Treize Lunes est de reconnaître l’artificialité du calendrier officiel que nous utilisons actuellement dans tous les pays du monde : le calendrier grégorien, introduit définitivement par le pape Grégoire XIII en 1582. Historiser notre calendrier, c’est-à-dire affirmer qu’il trouve son origine à un moment précis de l’histoire, est fondamental, car cela nous permet non seulement de le contextualiser et de comprendre à quels autres processus historiques, politiques et économiques son introduction était liée, mais aussi de réfléchir au fait que l’humanité n’a pas toujours utilisé ce calendrier.Ainsi, il s’agit de cesser de normaliser son usage, de ne plus le tenir pour acquis.
Ce calendrier renvoie également à une partie de l’histoire romaine: l’histoire des empereurs Auguste et Jules César, dont proviennent les noms des mois d’août et de juillet.C’est l’histoire d’une civilisation située dans une partie spécifique du monde: l’Occident européen. Mais, en raison de l’impérialisme, cette histoire a été universalisée et imposée au monde entier. En effet, le pape Grégoire a envoyé de nombreux prêtres à travers le monde pour détruire les documents des autres cultures qui ne contenaient pas le calendrier grégorien proposé par l’Église catholique.
Le mot calendrier vient du latin et signifie livre de perception des impôts. Le calendrier grégorien a ainsi transformé l’être humain en unité consommatrice.Toutes les fêtes présentes dans ce calendrier correspondent à des transactions commerciales: fête = achat. Nous sommes habitués à penser que l’anniversaire d’une personne chère implique nécessairement l’achat d’un cadeau. Nous concevons notre temps en termes économiques: une heure de temps équivaut à une certaine somme d’argent.
Dans notre société, une grande inégalité existe: bien souvent, ceux qui travaillent le plus sont ceux qui gagnent le moins. Et si cela reflétait l’irrégularité de notre calendrier ? Tout le confort que notre société nous offre ne fait que combler notre vide existentiel, résultant de notre déconnexion avec la nature, qui se manifeste de multiples façons, notamment à travers la déconnexion avec notre horloge biologique.
L’impact du calendrier grégorien sur notre société a engendré un faux sentiment d’abondance, traduit en excès d’argent; la peur de la mort; une spiritualité superficielle, limitée à l’apparence; et des tabous sexuels qui nous ont aliénés de la totalité de notre énergie sexuelle, ne laissant qu’une partie: le sexe.
Le calendrier grégorien prend en compte seulement un mouvement planétaire: celui de la Terre autour du Soleil. Selon ce calendrier, une année correspond à l’année solaire, c’est-à-dire au temps que met la Terre pour compléter son orbite autour de notre étoile. Ainsi, il ne considère que l’énergie masculine, qui n’est pas exclusive aux hommes, puisque tous les êtres humains possèdent à la fois l’énergie masculine et l’énergie féminine, deux principes universels.
L’énergie masculine est celle du mouvement, de la lumière et du Soleil. Elle représente la force, l’action, l’impulsion de faire et de créer. À l’inverse, l’énergie féminine est celle de la Lune. Elle représente l’ombre, les émotions et l’intuition. Le fait que notre calendrier actuel ignore la Lune et son mouvement autour de la Terre a eu des répercussions sur notre société : nous avons appris à craindre l’obscurité, comme si c’était quelque chose à éviter. Même la peau foncée est aujourd’hui source de racisme et de discrimination.
Nous avons également été conditionnés à penser que tout doit toujours bien se passer. Les messages de la réalité nous pressent de rendre nos vies merveilleuses.Mais en réalité, la joie et la tristesse se succèdent, et la vie est comme une roue avec ses hauts et ses bas. L’ombre a un grand potentiel: elle nous permet de nous arrêter, de réfléchir et de nous entraîner à affronter les défis de la vie.
Adopter une attitude introspective implique une phase longue et parfois douloureuse de découragement, mais il est important de se rappeler qu’après vient une phase de récolte, la cueillette des fruits mûris pendant les périodes de réflexion et de méditation.
Il est nécessaire de prendre en compte non seulement le mouvement de la Lune autour de la Terre, mais aussi le mouvement de tout le système solaire (ensemble des planètes guidées par le Soleil) autour de la galaxie.
Nous avons une vision très limitée du cosmos, trop centrée sur la Terre, ce qui alimente notre ego. Nous pensons être la seule forme de vie dans l’univers. Mais il suffit d’imaginer notre système solaire vu de l’espace : une étoile parmi tant d’autres, parmi les milliers que nous voyons dans le ciel nocturne. En plus de notre Soleil, qui est une étoile, la Voie Lactée contient entre 220 et 400 milliards d’étoiles.
Le Calendrier des Treize Lunes a été une surprise inattendue, une découverte qui m’a permis non seulement de répondre à des questions que je me posais depuis longtemps, mais aussi de relier mes thèmes favoris: sexualité, féminité, équilibre entre énergies masculines et féminines, critique du système patriarcal et colonial et de l’expansion capitaliste, évolution vers une humanité supérieure et spirituelle, existence de formes de vie « autres » dans notre système solaire et dans la galaxie, continuité de l’esprit après la « désincarnation », l’idée que la réalité reflète ce que nous portons à l’intérieur, que nos pensées créent la réalité, le phénomène de la synchronicité, et l’idée que nous vibrons à une certaine fréquence et attirons ce qui vibre de la même manière.
Il a également renforcé la nécessité de se reconnecter à la nature, car la nature est ce que nous sommes, et il ne peut y avoir de conflit entre nous et elle. Le Calendrier des Treize Lunes m’a ouvert de nouvelles pistes de recherche, comme l’histoire de l’origine de notre système solaire et l’union entre science et spiritualité — un sujet que j’avais déjà effleuré avec la psychologie transpersonnelle de Stanislav Grof, et que j’ai approfondi lors de ma visite au Museu do Amanhã à Rio de Janeiro.

Le Museu do Amanhã propose un parcours expérientiel en cinq étapes. C’est un véritable voyage à la découverte des secrets du Cosmos, de la Terre, de la Nature et de la Culture. L’atmosphère qui règne dans les salles du musée est vibrante et émouvante. On y ressent également une forte dimension spirituelle.C’est comme si le projet du Museu do Amanhã faisait partie d’une mission plus vaste, une mission supérieure de réveil de la conscience sur notre nature cosmique.Le musée vise aussi à protéger notre planète Terre et la Nature, dont nous faisons partie, et à nous rappeler que la séparation entre Science et Spiritualité est une illusion entretenue par la société occidentale capitaliste et colonialiste.
L’exploration commence par la compréhension que nous faisons partie d’un cosmos immensément vaste, ancien et en perpétuelle évolution. Nous sommes des êtres cosmiques. As-tu déjà pensé que la Terre fait partie d’un système solaire, qui est lui-même composé de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton? Et que ce système se situe dans le bras d’Orion, l’un des bras spiraux de la Voie Lactée? La Voie Lactée fait partie du Groupe Local, une concentration de plus de 50 galaxies. Une spirale à l’intérieur d’une autre spirale, toutes faisant partie d’un cosmos infini. Penses-tu que la Terre occupe une place privilégiée dans cet ordre? En réalité, il n’existe pas de centre de l’Univers, car il est en expansion constante en tous points.
Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Où allons-nous? La cosmologie cherche à répondre à ces questions fondamentales. Discipline née au XXᵉ siècle après la formulation de la théorie de la relativité, elle étudie la constitution et l’évolution de l’Univers, analysant les observations des astronomes pour comprendre sa structure et son développement. Pendant des siècles, seule la mythologie et la philosophie tentaient d’expliquer l’Univers dans sa totalité, jusqu’à ce qu’Einstein et Hubble montrent que tout pouvait être compris à partir des lois de la physique. La naissance de la cosmologie moderne est marquée par la découverte que l’Univers est en expansion constante, et que les galaxies s’éloignent les unes des autres.
La théorie du Big Bang, bien qu’influente, n’est pas exhaustive, car elle ne précise pas les facteurs physiques à l’origine de l’expansion initiale. Parmi les théories alternatives, le modèle du Big Bounce considère que le Big Bang n’est qu’une phase transitoire, le début d’une expansion après l’effondrement d’un Univers précédent. Ainsi, selon cette conception, l’Univers, caractérisé par un cycle infini de contraction et d’expansion, continuera de s’étendre éternellement.L’Univers serait donc éternel et dynamique, sans début spécifique dans le temps, et pourrait avoir toujours existé.
Nous sommes constitués des mêmes éléments que la Terre. Nous partageons le code de base qui définit les caractéristiques de tous les êtres vivants et faisons partie intégrante de la richesse de la biodiversité terrestre. Notre cerveau est complexe et capable de créer une incroyable diversité culturelle. La section des Quatre Océans du musée rappelle que nous partageons de nombreuses caractéristiques avec les éléments naturels: le flux de l’eau, des rivières, des océans, des courants marins et du vent. Notre nature est fluide: plus nous suivons les flux de la vie, plus nous nous rapprochons de notre vraie essence.
L’exposition permanente se termine de manière poétique et délicate. Au centre de la dernière salle se trouve une Churinga. Depuis les débuts de notre espèce, nous avons utilisé des outils pour transformer et adapter le monde: marteaux pour casser les pierres, râteaux pour travailler la terre. La Churinga, elle, a une utilité symbolique: dans les tribus aborigènes australiennes, les anciens l’utilisent pour transmettre aux jeunes les histoires, mythes et légendes au cœur de leur culture.
Raconter une histoire ne signifie pas seulement se souvenir du passé, mais façonner l’avenir.
Ainsi, la Churinga symbolise le Museu do Amanhã, qui se veut un pont entre le passé et le futur, construit sur les piliers de la durabilité et de la coexistence, à partir de nos efforts collectifs dans le présent. Nos actions, aussi petites soient-elles, peuvent changer le monde. Chaque instant, nous faisons des choix sur notre style de vie. Si nous nous connectons à la planète et aux autres, nous devenons un pont vers un futur durable. Chacun de nous crée son propre Demain. Et ensemble, nous construisons le Demain que nous souhaitons.
C’est à ce moment précis que j’ai senti que Rio de Janeiro m’avait donné tout ce que je cherchais. Je me suis replongée dans mes trois dernières années de réflexion sur qui je suis vraiment, d’étude et de recherche sur le fonctionnement du monde et de notre conscience, et j’ai revisité une étape fondamentale de mon parcours évolutif: « Quand l’impossible se produit » de Stanislav Grof.
Pour conclure, comprendre que nous faisons partie de quelque chose de plus vaste, d’un Tout dont nous ne pouvons prendre conscience qu’après avoir laissé aller notre ego. Lâcher l’ego signifie purifier nos émotions, nommer ce que nous ressentons, nous observer sans nous identifier à elles. Cela signifie guérir nos traumatismes qui nous ancrent dans le passé et nous permettre de vivre pleinement le présent.
Merci pour votre lecture.
À bientôt,
Ylenia
Sources :
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